Daara-J family: La renaissance

Chat-lut! Tous  à vos ardoises (ou vos tablettes 🙂 !)  L’école de la vie fait sa rentrée!

Ils sont passés de Daara-J groupe mythique de rap sénégalais, à Daara-J Family, avec un membre en moins. On l’a attendu longtemps, l’album est enfin arrivé. Il faut oser le dire, beaucoup attendaient pour savoir ce qu’ils allaient nous pondre après cette rupture. Est que ce sera assez bien ? Est-ce que l’attente en vaudra la peine ? Est ce que… ? Vous voulez savoir? Ben allez acheter l’album ! Non mais oh !! Bon ok petit indice : IL semblerait que le test ait été réussi avec grand succès !

C’est pour parler de cet album que le duo Ndongo D. et Faada Freddy nous a reçu , Muus la talentueuse-on-ne-le-dira-jamais-assez photographe (tiens un autre chat !) et moi, dans une ambiance décontractée et cool.  Sauf que les gars, ben… ce sont de vrais passionnés. Un passionné, ça ne calcule pas quand ça parle (Parole de chat passionné !). Un passionné aime parler de sujets qui le passionnent. Et s’il y a deux sujets qui passionnent nos deux amis, c’est bien la musique et la spiritualité ! (Ah j’oubliais, Il y a aussi le lait caillé, un détail qui a son importance pour Faada Freddy ! )

De « school OF life », à Baaye Niasse, en passant par leurs goûts culinaires ou musicaux, ou encore leurs regards sur le Hip Hop sénégalais, redécouvrez Ndongo et Freddy, en toute simplicité. Ce sera sur plusieurs parties. La suite arrive très bientôt ! Miaou !  

AgenDakar : Daara-J Family, 20 ans de rap. Aujourd’hui « School Of Life », l’Ecole de la vie. Que représente cet album pour vous ?

Ndongo: Cet album représente pour nous l’école de la vie. Sachant que ce sont plusieurs étapes : la naissance, l’initiation, l’apprentissage et la vie proprement dite.

C’est comme quand tu sors du bois sacré ou de la case de l’homme après toute une étape d’apprentissage. Nous après 20 ans de carrière voici ce qu’on présente au public à la sortie de cet apprentissage. L’ album “school of life” c’est comme on dit en wolof : « tari li ñu djang » (On récite ce qu’on a appris). C’est une manière de restituer, de partager les leçons apprises durant notre apprentissage. On est arrivé à un moment ou on entre dans la pratique. Le message en gros, c’est comme stipulé sur la pochette qui est bleue, qui représente le ciel, c’est qu’il faut rester humble, rester au sol, pour toucher le ciel. Comme on dit « suufele sunu bop ni talibé » (se faire humble comme des disciples). On arrive vraiment au stade où, le message globale de Daara-J family c’est « il n’y a que l’unité pour permettre aux hommes d’atteindre leurs objectifs, notamment l’objectif spirituel ». Comme on dit dans Marifa, en chaque homme il y a de la spiritualité qui sommeille, la connaissance divine. Je pense que c’est cette connaissance divine la solution de tous les problèmes. On veut  être riche, avoir de belles voitures, de belles femmes… mais tant qu’on a pas la connaissance divine, tant qu’on n’a pas fait ce parcours d’apprentissage, pour aboutir à la pratique,  on ne peut pas être l’élève mature. Voila le message de nos 20 ans de carrière, le message de l’album qu’on veut faire passer.

NOUVEAU DÉPART ? NOUVEAU TOURNANT ? CONTINUITÉ ?

Faada Freddy : Rebirth ! C’est une renaissance ! On nous a connu en tant que Daara-J avec Ndongo, Faada Freddy Aladji Man, et là on vient avec Ndongo, Faada Freddy, Gaël, Mougli tous les musiciens et toute l’équipe derrière.

Ndongo : Oui C’est une grande famille…  et je pense que l’orientation musicale de cet album permet de donner des idées à plein de gens. Ce n’est pas prétentieux, mais on a essayé de poser un regard sur la musicalité même du Hip hop. Il fallait aller vers le coté afrobeat amener un truc qui va faire réfléchir les gens.

On note Effectivement un style différent, une plus grande diversité. Est-ce un choix pour toucher un public plus large, s’ouvrir plus à l’international ?

Ndongo: S’ouvrir à l’international…il y a de ça… mais la musique Africaine a encore du chemin. Chaque fois qu’on va en tournée en Europe on nous met dans la catégorie World Music. Notre mission était, qu’à partir de maintenant, tous les gens qui consomment de la word music se disent qu’en Afrique il y a Daara-J family, Tumi & the VolumeK’Naan….On a une musique qui peut être très moderne, mais qui garde les racines.

Donc Aujourd’hui avec School of life vous vous positionnez définitivement dans la catégorie world music ?

Faada Freddy:  En fait nous, on a crée une musique pour nous, parce qu’à notre avis, ce qu’on vient d’accomplir est un peu révolutionnaire. Justement dans une époque où le rap est très controversé avec des tendances dirty south, pop et tout ça, on a voulu avec cet album créer un style qui s’appelle l’AfroHop. On a eu ce déclic quand on est allé en tourné avec Damon Albarn de Gorillaz  et avec Femi Kuti. Là on a réappréhendé l’afrobeat surtout quand on voyaitTony Allen, le batteur de Fela jouer. On a commencé à comparer avec le beat Hip hop. Lui tapait deux fois, alors que en Hip hop on tape une fois (Il mime le son avec le geste). Dans la musique en fait il n’y a pas de dogme. Chaque musicien  a son style  et une manière de s’imposer. C’est de là qu’est venu le déclic d’avoir une tendance plutôt afrobeat pour cet album.

Et pourquoi le choix de jouer désormais avec un groupe, en live ?

Faada Freddy: Cela traduit la liberté. T’es libre de chanter et dans la spontanéité du show ,de délivrer le message que t’as au cœur…

Ndongo : C’est pas les machines hein ! (rires)

Faada Freddy: Oui, les machines ça te limite alors que là, tu peux arrêter le son, parler aux gens, improviser une chanson  et je crois qu’il y a encore plus de jouissance, plus de plaisir, plus de liberté…pour moi la vrai musique c’est le live !

Ndongo :  (qui le coupe) C’est humain, parce que là tu vois des gens qui jouent qui ratent et tout…!

Faada Freddy: Oui ! Et même les imperfections dans ce cas, ça peut être beau !

Tumi de Tumi and the volume dont tu as parlé tout à l’heure Ndongo, nous disait en interviewque la seule chose de vrai aujourd’hui la musique c’est le live

Ndongo : Deugleu !!! Waxna deug !!! (C’est vrai !)

Adobe Flash Player non installé ou plus vieux que 9.0.115!
https://www.youtube.com/watch?v=UkmCbiXlhAg

A propos des musiciens, on remarque qu’ils viennent en général tous de pays différents. Un hasard ? Un  choix ?

Ndongo : C’est un choix. On a envie d’avoir toutes les sources ! Tu sais au Sénégal maintenant tu retrouves toutes les nationalités. C’est universel. Un de ces jours on mettra peut-être un chinois dans le groupe pourquoi pas.

Faada Freddy: C’est ce que j’aime dans les groupes comme black eyed peas, tu sens la diversité. Même s’ils font une musique différente de la notre, je crois que le concept est le même, ils ont compris qu’il fallait faire tomber les barrières.

Ndongo : De plus, le message de notre formation c’est un message panafricain. Tu sais, parfois tu entends un sénégalais parler d’un ivoirien ou d’un camerounais et dire « ces  « niaks »  » comme si ce n’était pas des frères.

Faada Freddy: Ça c’est un mot que je déteste ! Si j’avais un mot à enlever du langage woloff ce serait celui là ! C’est un mot blessant. Le sénégalais ne se rend pas compte, il emploie des mots blessants. Il dit aussi souvent « le blanc là… » en parlant des européens. Il  y a un  racisme déguisé et on ne s’en rend pas compte. Les noirs sont racistes envers les blancs, les noirs  entre eux, les ethnies entre elles…alors qu’on est amené à partager cette belle terre.Tu sais, dans toutes les histoires que ce soit biblique, coranique ou dans le judaïsme on dit que l’homme est venu sur terre en remplacement du paradis. La terre était supposée être un substitut du paradis, mais pourquoi en faire un enfer ?

Quel est votre titre préféré de School of life ?

Freddy : Moi je parlerai d’un coup de cœur. J’aime tous les morceaux mais mon coup de cœur c’est le titre « DJ Makhtar » et je pense que c’est partagé.

(Note du chat: DJ Makhtar Très célèbre dans le monde du Hip Hop au Sénégal , est l’ancien DJ des Daara-J . Il est décédé le 3 Décembre 2007 à Dakar)

Ndongo : Ah oui c’est sur !!

Faada Freddy: Avec tout les moments forts qu’on a vécu avec lui, aujourd’hui parler de Makhtar c’est parler de nous. La première scène que nous avons faite au métro, c’était avec lui, c’est lui qui était à la cabine.  C’est le premier DJ qui nous a donné des instrus. On chantait sur les face B des américains et c’est lui qui a changé ça. Et il nous a enseigné tellement de choses. Il était gravissime quoi ! Souvent, on était là à écouter de la musique, il était à la cabine et tout, et à l’heure de la prière, il s’éclipsait toujours, il laissait jouer la musique et il allait prier. Il nous a appris que tu pouvais exercer ton métier et être en accord avec ta religion, avec Dieu. Makhtar était quelqu’un d’une simplicité rarissime. Ce morceau là, sans prétention, je pense que c’est un beau morceau…

Aujourd’hui Daara-J family a l’air très isolé. Vous ne participez pas aux grands RDV du Hip hop. On a l’impression que vous restez dans votre coin, que vous êtes devenus solitaires. Pourquoi ?

Ndongo : C’est juste des problèmes de calendriers…

Faada Freddy: Par contre j’ai remarqué une chose : Pour les 72H du Hip hop par exemple on y était mais après, dans les informations le nom de Daara-J Family n’était pas mentionné et ceci fait que certains pensent que nous n’avons pas participé. Il faut dire aussi qu’avec la préparation de l’album on était débordé. Tout le temps en studio ! Et administrativement, on n’avait pas le temps de  mettre en place le relationnel qu’il faut. Maintenant c’est fait, tout le staff est là. Ce sera plus facile.

Pour en revenir à l’album, on voit que vous avez lancé un défi, d’atteindre les 80 000 ventes. Où en êtes-vous ?

Badara (attaché de presse de Daara-J familly) : On a déjà épuisé le premier tirage ! Par rapport à l’objectif nous sommes même un peu en avance. Que les gens continuent d’acheter l’album à ce rythme nous pensons qu’on atteindra les 80 000 avant la date prévue. On croise les doigts. Inchallah !

Faada Freddy: Nous avons aussi une forte demande dans la sous région : Mali, Burkina et même en Afrique du Sud.

Ndongo :On voudrait que School Of Life soit banal comme du « guerté thiaaf ». Qu’il soit vendu dans chaque coin de rue, même dans les boutiques. On aura aussi des bus qui vont sillonner tout Dakar et vendre les CDs. On voudrait que l’album soit accessible dans tous les quartiers et à  tous. Si ça marche, chaque personne qui aura acheté le CD se dira j’ai participé à çà. Les labels d’Europe aussi suivent bien la campagne. Si ça marche ils vont s’intéresser au marché sénégalais de plus près.

80 000 ventes, disque d’or…quelle sera l’étape suivante après cela ?

Ndongo : On est en train de faire un livre…

Quel genre de livre ? Il est prévu pour quand ? Dites nous tout!

Ndongo: Sur notre itinéraire de Colobanne à ici. Un peu bibliographique. On l’écrit avec d’autre gens. IL est prévu pour l’année prochaine. Vous en saurez plus bientôt. Sinon il y aura aussi un DVD de la tournée.

Peut-on en savoir plus sur la tournée sénégalaise ?

Faada Freddy: Déjà, il y a la caravane dont on parlait tout de suite « Sénégal by bus » c’est dans le style de « Babylone by bus » de Bob Marley. La caravane circule dans tout Dakar avec nos commerciaux pour vendre l’album et nous, on les rejoindra souvent pour un concert. Ceux qui ont envie de venir avec nous dans cette tournée peuvent nous dire et venir nous rejoindre.

Les fans peuvent voyager avec vous dans la caravane ?

Faada Freddy: Absolument ! On va aussi s’arrêter de temps en temps dans des maisons et on en profitera aussi pour faire des dons parfois avec nos partenaires qui sont dans l’alimentaire.

Comment vous contacter pour participer à la caravane ?

Contacter Alioune Badara au  77 450 14 75 ou par mail:  badaraniang@gmail.com

On fera 160 lieux, le programme vous sera communiqué dès qu’on le finalise avec les partenaires. Restez à l’écoute sur AgenDakar.

 A suivre….