Autour du feu, autour du cercle

Quand s’éclipse le crépuscule, et que la lune répand sa lumière bienveillante sur cette contrée encore si proche de la capitale, qui ne connaît pas encore l’électricité; On les entend alors allumer le feu, entre rires, bavardages, taquineries, comme les enfants qu’ils sont.
Une fois que le feu a bien pris, ils s’installent tout autour, chacun connaît sa place. Les gestes sont précis et rapides. Rires et bavardages continuent naturellement et sont prolongés, une fois que chacun a saisi sa tablette, par une clameur qui s’élève en douceur “ A Ouzou billaahi sa mii il Aliimi mina Sheytani Rajimi, Bismilaahi’l Rahmaani’l Rahimi” commencent-ils tous ensemble. Puis versets et sourates se mêlent, selon ce qui est écrit sur chaque tablette. Les voix continuent de faire une. Parfois une d’elles se détache des autres, plus claire, plus limpide ou plus rapide, puis elles se rejoignent à nouveau. Ils sont les seuls à savoir ce qu’ils partagent autour de ce cercle.
Quand le feu et sa lumière commencent à baisser, les deux plus grands se chargent de la raviver. A cet instant, les voix s’élèvent toujours un peu plus forts, débordant d’enthousiasme. Ravivez la flamme n’a jamais été aussi beau 
Oui il est beau ce moment. J’aime l’attendre le soir. J’aime l’entendre. Sourire. M’apaiser. Me rappeler. Sourire. Bonheur !
J’aime l’entendre, reconnaître les voix. Ce sont les neveux, les cousins, les enfants de la concession familiale.
Quand la lune sera haute et qu’il sera l’heure de se coucher. Ils éteindront le feu, qui aura fait une nouvelle couche de cendre dans ce cercle sacré devenu gris au fil des années. et qui a vu passer plusieurs générations. J’écouterai encore leur rires – moins bruyant cette fois- aussi loin que possible. Il reprendront le lendemain après la prière du Fadjr avant d’aller au champs pour certains, à l’école pour d’autres….

Bon Vendredi à tous, culturellement vôtre ! (Parce que c’est aussi cela la culture  )

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