Quand le Hip Hop sénégalais nous est conté par Fatou Kande Senghor

Quand le Hip Hop sénégalais nous est conté par Fatou Kande Senghor, cela va d’un livre à un film (une série télé), et ça va bien au delà ‘une simple histoire de Hip-Hop.

Quand le Hip Hop sénégalais nous est conté par Fatou Kande Senghor, c’est de l’expérience qui s’exprime, du vécu qui parle. Un vécu spécial, de l’autre côté de la scène, de l’autre côté de l’objectif, un vécu avec un milieu qui lui a ouvert les bras. C’est une lucarne ouverte dans le monde de la jeunesse sénégalaise, une main qui prend le poul de cette jeunesse dynamique, engagée, rêveuse, révoltée.

Mais Quand le Hip Hop sénégalais nous est conté par fatou Kande Senghor, c’est aussi le regard de la femme, intellectuelle, cultivée, riche de ses vécus, ses rencontres, ses innombrables voyages. C’est le regard d’une femme féministe combattante de la protection des droits la femme et des enfants. Les femmes sont donc mises en lumière dans cette immersion dans milieu très masculin, parce que oui, les femmes aiment le Hip Hop, elles le vivent, elles le rêvent, elles le subissent. Des vies de jeunes filles rappeuses ou de mamans vendeuses de légumes, chaque histoire est prétexte pour montrer la vie, surtout dans un film de Hip Hop.

Après être allée défendre le droit des femmes au FESPACO et y avoir lancer la campagne #WeAreYennenga (nous sommes toutes des yennenga, des reines guerrières), après avoir regroupé des centaines de femmes ainsi que la première dame du Burkina et lancer l’alerte sur le manque de femmes dans les palmares du Fespaco, Fatou Kandé continue dans sa logique avec le tournage de cette série porteuse de si belles promesses.

J’ai été ravie visiter le plateau et assister à une partie du tournage. Quelle ambiance ! Ces jeunes, acteurs, actrices, assistants, dégourdis, enthousiastes et tous en bloc autours de “maman Fatou” c’est beau à voir (et puis leur langage de “jeunes” entre eux et leur maman fatou :-)). Tout un quartier qui se mobilise pour le films: des mamans en boubou aux disquettes en mini-jupes, c’est beau à voir

Le cinéaste Ousmane Sembène m’a dit un jour, dit Fatou Kande : « Trouve l’histoire des quartiers, et tu trouveras le secret des hommes, des femmes, des jeunes et de l’engagement social ».

Parce que je suis témoin de mon temps, parce que j’ai pu observer tout en étant acceptée des autres, je suis aujourd’hui capable de raconter cette histoire qui est la mienne, comme celle de milliers de jeunes, avec la précision et la dextérité nécessaire pour toucher la jeunesse et ceux qui sont censés la guider et la protéger.

Walabok ?